Le motoball, une religion

Le motoball, une religion

Douze titres de champion national en cinquante-sept ans d’existence, douze Coupes de France, 2500 spectateurs en moyenne en 2025, pas moins de 115 partenaires en 2026... A Neuville-de-Poitou, le motoball est à la fois vecteur de performance sportive et de ferveur populaire.

Pour bon nombre de nouveaux arrivants en terre de Vienne, le passage est obligé. Le motoball à Neuville ? Un rite initiatique pour quiconque s’intéresse un tant soit peu au sport et aspire à se fondre dans le moule de la frénésie populaire.

La découverte épouse le plus souvent l’étonnement, la « prise au jeu » des envies de redites. Et voilà plus d’un demi-siècle que ça dure. Cinquante-sept ans exactement que des plaines du Haut-Poitou, s’échappe, de mars à octobre, le chant lancinant et envoûtant de petites motos ferraillant.  

Sur les 250cm3 d’aujourd’hui comme sur les cylindrées d’autrefois, dix fiersà-bras casqués se disputant un gros ballon de 40 centimètres de diamètre. Dans leur esprit, l’obsession commune de catapulter l’ogive dans un but souvent démesurément grand pour des gardiens bien seuls au monde. A un kilomètre à la ronde, les effluves de gasoil et de ventrèche mêlés sont un appel au partage. Dans l’esprit de l’ovale, la fumée en plus. Bon appétit, ma p’tite dame. Vous verrez, avec un petit demi, ça passe tout seul.

Vingt et un ans d’école de moto

Ça passe tellement bien qu’au Motoball Club Neuvillois, chaque rencontre fait le plein. D’émotion et de passion.

« 2500 spectateurs en moyenne la saison passée », se félicite Benoît Sabourin, ancien capitaine, ex-international et aujourd’hui président. Le gaillard a décidé de passer la main l’an prochain, mais il sait que le bébé sera livré en parfaite santé. « L’entreprise MBCN va bien », assure-t-il. Son école de moto, dirigée, depuis son ouverture, en 2005, par Alex Moreau, le seul salarié du club, pète le feu. Ses équipes seniors ont décroché l’an passé leurs onzième et septième titres d’Elite 1 et 2, ses U18 jouent tous les ans le haut du panier, plus de trois cents membres actifs bénévoles apportent leur écot à l’œuvre collective. Quant aux soutiens financiers, ils sont eux aussi toujours plus nombreux. « Nous en comptons cent quinze à ce jour, rappelle Benoît SABOURIN. Sur environ 550 000€ de budget, ils en abondent quasiment un tiers, avec 150 000€ de partenariat privé et 20 000€ d’échange de visibilité. » Faudra-t-il aller plus loin pour assurer la pérennité du MBCN au plus haut niveau, à tout le moins le voir se développer ? « Pour grandir, se contente d’avouer sa figure de proue, le club a en priorité besoin de tribunes dignes de ce nom et d’une salle VIP plus grande pour, justement, mettre à l’honneur nos partenaires. Sur ce planlà, l’histoire reste à écrire. » Une petite histoire dans la grande, fabuleuse, féerique, unique, d’un défenseur exemplaire d’une discipline trop peu mise en lumière mais tellement contagieuse.

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