

« Le MEDEF est devenu une vraie force de proposition, une voix écoutée et respectée par le pouvoir politique et les collectivités. » Président et délégué général du MEDEF Vienne, Bertrand GILLES et Stéphane DAUDON se mobilisent au quotidien pour améliorer les conditions d’exercice et participer au développement des entreprises de notre territoire. Regards croisés sur près d’un siècle d’engagement collaboratif...
« Mon seul mot d’ordre est de ne pas rester seul. Même si tout semble aller bien, il faut aller vers les autres, faire confiance à ses pairs, savoir échanger. Car on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Le partage d’expériences est une fenêtre ouverte sur l’avenir, les possibilités de formation et de développement personnel, d’évolution managériale, une meilleure perception des attentes des clients,... A trop rester replié sur soi, on est incapable de saisir les réalités de son monde. » Bertrand GILLES, président du MEDEF Vienne
En quatre-vingt-dix années d’existence, le MEDEF Vienne et ses ancêtres (USPCI, FSPCI, UPV 86) n’ont jamais cessé de participer à l’œuvre collective, de reconstruction de l’après-guerre, de soutien à l’industrialisation de 1960 et 1970, d’accompagnement plein et entier pendant la crise du Covid de 2020 et 2021.... Cette « constance dans l’effort » et l’aide aux entreprises est-elle sa plus grande réussite ?
Stéphane DAUDON : « A l’origine, le Mouvement est né d’une mobilisation des industriels et des commerçants et d’une revendication forte à se fédérer pour la défense des intérêts de leurs corporations et de leurs métiers. Au fil du temps, des évolutions du marché du travail et de la multiplicité des profils d’entreprises à représenter, l’USPCI, la FSPCI, l’UPV 86 puis, à partir de 1997, le MEDEF Vienne ont eu le mérite de sans cesse adapter leurs missions et leurs actions d’accompagnement aux besoins de leurs contemporains et aux attentes des professionnels. Encore une fois, ce mouvement-là est tout entier dévoué aux entreprises. Il a été et est encore mené par des entreprises pour des entreprises. C’est son bâton de maréchal depuis quatre-vingt-dix ans. »
Bertrand GILLES : « Dès 1936, le Mouvement patronal a démontré sa capacité à aider les entreprises du territoire à ne pas se laisser dépasser par les bouleversements politiques, économiques et sociaux de leur époque, je pense notamment à l’avènement du Front Populaire, à l’adoption des congés payés, aux nouveaux privilèges accordés aux salariés... Après la guerre, il a également joué un rôle essentiel dans la création de la Médecine du Travail, qui a facilité l’accès des salariés aux soins ou de la Sécurité sociale et offert à ces structures une représentativité paritaire avant-gardiste. Il est devenu une vraie force de proposition, une voix écoutée et respectée par le pouvoir politique et des collectivités. C’est son autre grande réussite. »
Le MEDEF se revendique haut et fort comme un « espace d’échange, de dialogue et de transmission ». Doit-il rester fidèle à ce credo pour demeurer le premier partenaire des entreprises et des acteurs économiques du territoire ?
S.D. : « L’une des ambitions fondatrices du mouvement patronal en Vienne était d’aider nos dirigeants à rompre avec l’isolement auquel les conduisait, hélas, un engagement aveugle à la cause, au développement et au devenir de leur entreprise. Il s’est de fait très tôt imposé comme un creuset d’échange et de dialogue, de soutien et de réconfort. L’évolution majeure à mettre au crédit du MEDEF depuis vingt-cinq ans, c’est l’ajout, à toutes ces prérogatives historiques d’ouverture aux autres et d’œuvre collective, d’une dimension de service que l’on pourrait qualifier de révolutionnaire. Formation, accompagnement juridique, politique RSE, aide à l’international,... Le MEDEF est effectivement, et plus que jamais, le premier partenaire des entreprises et des acteurs économiques du territoire. »
Pensez-vous que la flamme qui anime un président du Medef Vienne et un délégué général en 2026 soit la même que celle qui éclairait l’horizon de leurs prédécesseurs ?
S.D. : « Je pense être le même quand je me lève le matin pour aller au boulot que le délégué général débutant de 2015. La méthode de travail a peut-être évolué, mais le fond, lui, est resté le même. Je veux dire par là que pour moi, le plaisir est demeuré intact d’aller à la rencontre des dirigeants, d’écouter leurs doutes, leurs espoirs, leurs attentes, leurs besoins, de parler économie, social, projets (…) et d’œuvrer au quotidien à la bonne santé et à l’attractivité du territoire. Un territoire qui se réinvente en continu et au développement duquel j’apprécie de participer. »
Quel est votre moteur aujourd’hui, quels sont les enjeux qui mobilisent le plus votre énergie, l’engagement qui vous tient le plus à cœur ?
B.G. : « Mon credo personnel, c’est l’accompagnement par la formation, la transmission des savoirs et surtout des valeurs de l’entreprise. La promotion de nos métiers auprès des jeunes est aussi mon moteur. Car finalement, être président du MEDEF Vienne, c’est avant tout préparer l’avenir. »
S.D. : « En ce qui me concerne, je porte depuis toujours une attention toute particulière au développement et à l’entretien de bonnes relations avec les collectivités, les organisations professionnelles, les chambres consulaires (...), avec toutes les institutions et personnes physiques qui agissent dans le sens de l’intérêt commun, pour le territoire, les femmes et les hommes qui le font vivre. J’ai plaisir à constater que des synergies politiques et économiques se sont fait jour ces dernières années. Le MEDEF Vienne est là pour mettre de l’huile dans les rouages et faire en sorte que ces belles promesses soient suivies d’actes forts. »
Transition écologique, transformation numérique, mutations technologiques, modernisation des métiers,.. Le monde bouge, le monde change, l’univers de l’entreprise aussi. En quoi le MEDEF Vienne doit-il lui aussi changer ? Comment le voyez-vous demain ? Après-demain ? Dans... 90 ans ?
B.G. et S.D. : « Le MEDEF Vienne a toujours su vivre avec son temps. Son agilité et son adaptabilité sont les piliers de son engagement. Nos 650 entreprises adhérentes, qui représentent pas moins de 25 000 salariés, ont plus que jamais besoin de nous pour avancer sur la voie du progrès, de la productivité, de l’attractivité... Nos clubs RSE, en place depuis maintenant quinze ans, notre programme EcoAdapt 86, conçu pour assurer une gestion énergétique optimale de nos entreprises,... sont des exemples éloquents du soutien individualisé et ciblé dont le MEDEF est capable. L’enjeu des années 2025-2030 est sans doute d’accompagner au mieux la digitalisation de nos TPE-TPI, PMEPMI et l’intégration, devenue indispensable, de l’intelligence artificielle dans les process. L’IA est en passe de révolutionner nos façons de travailler, inondant l’industrie, le conseil, les services, le bâtiment aussi, à travers les cabinets d’architectes et les bureaux d’études... Un nouveau train est en marche, nos dirigeants doivent prendre le bon wagon. Et le MEDEF doit les y aider. »
A l’initiative de Robert GARNIER, Edouard MOLINARIS, André KURZENNE et Jean LENOIR,grandes figures du département, est créée l’Union des syndicats patronaux du commerce et de l’industrie (USPCI).
Mise en sommeil pendant l’Occupation, l’Union est relancée par ses fondateurs, sous le nom de Fédération des syndicats patronaux du commerce et de l’industrie (FSPCI).
Auguste GILLES, fondateur de Secatol, entreprise implantée à Poitiers depuis 1947, est porté à la présidence de l’Union patronale. Marcel LACARRIERE devient le premier Délégué Général de l’organisation.
En collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Fédération des syndicats patronaux crée l’ASFO 86, Association pour la Formation de la Vienne, avec l’ambition de façonner de nouveaux talents et de soutenir la compétitivité des entreprises.
L’organisation, qui s’est dotée d’un nouveau délégué général en la personne de Serge TYMOWSKI, évolue juridiquement. Elle adopte le statut d’Union Patronale de la Vienne et s’installe dans ses locaux d’origine, à Saint-Georges-lès-Baillargeaux.
L’UPV, présidée, depuis l’année précédente, par Dominique Lenoir, prend part, aux côtés de 50 000 dirigeants d’entreprise, à la manifestation de Villepinte organisée par le CNPF.
Un an après l’élection de Didier GEORGET à la tête du mouvement, l’Union patronale prend le nom de MEDEF Vienne et évolue vers un accompagnement plus structuré des entreprises.
Richard LAZUROWICZ prend la succession de Didier GEORGET, Stéphane DAUDON celle de Marie-Christine BOLINCHES, première et à ce jour seule femme déléguée générale du Mouvement.
Après huit années de présidence, Richard LAZUROWICZ passe le témoin à Bertrand GILLES, dirigeant de l’entreprise Secatol et... petit-fils d’Auguste, premier président de l’Union Patronale.