
Sylvain Maynier et Simon Cluzeau ont en commun d’être basketteurs, d’avoir tous les deux défendu les couleurs du PB86 et d’apporter leur écot à la préparation aujourd’hui, à l’organisation demain, des Jeux de Paris. Parcours de vie(s)…
L’ombre de son mètre 98 ne plane plus depuis un bon moment -quatorze ans déjà !- sur les parquets de Pro B et de Pro A. Mais dans l’histoire du basket à Poitiers, le souvenir de Sylvain MAYNIER est indélébile. Comment pourrait-il en être autrement d’un homme né sur les rives du Clain, initié aux joutes nationales par le CEP puis poli par le PB86, et qui a fait de l’Urban PB l’un des tournois 3x3 les plus courus de l’Hexagone ? L’attachement à sa ville, Sylvain ne le renie jamais. C’est pourtant à la capitale que cet éminent spécialiste de l’événementiel sportif enrichit aujourd’hui son expérience d’homme. Depuis mai 2023, il compte parmi les 4000 salariés du Cojop (Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été) chargés de veiller au bon déroulement des épreuves et au parfait fonctionnement des coulisses. Son titre ? On vous la donne en mille ! Chef de projet pour les opérations sportives du tournoi de… basket 3x3. « La confiance qui m’est accordée est une belle forme de reconnaissance pour le travail jusque-là effectué, dans l’organisation de l’Urban PB comme dans les missions de superviseur régulièrement menées pour le compte de la Fédération internationale. Mais le terrain de jeu, ce coup-ci, est gigantesque. »
« Un rêve en marche »
À la Concorde, Sylvain devra s’assurer qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer la mécanique sportive, en matches comme aux entraînements, dans les vestiaires comme lors des déplacements sur le site… Tout devra être millimétré et fluide. L’ampleur de la tâche, pour le Poitevin, est à la hauteur de ses ambitions. « À Tokyo, rappelle-t-il, l’expérience des athlètes n’avait pas été mémorable, Covid et barrières de distanciation obligent. Là, nous avons l’occasion d’écrire la première page de l’histoire olympique de cette discipline devant des tribunes pleines. C’est un rêve en marche. » Un rêve qui, Sylvain MAYNIER le sait, prendra fin sitôt le rideau olympique baissé. Mais le jeu en vaut la chandelle. « Déjà, mon aventure à moi sera prolongée de quelques jours, puisqu’on m’a demandé de participer à la coordination de la compétition de break dance, qui prendra le relais du 3x3, sur le même site, les 9 et 10 août. Ce sera un plus. Et puis, à travers cette expérience, je retrouve un peu mes anciennes habitudes de sportif de haut niveau. Quand j’étais engagé dans la dernière ligne droite, en play-offs, pour aller décrocher un titre, je m’investissais à 100% sans penser à l’après. Là, c’est la même chose. »
“ Quel pied de se sentir utile au bon déroulement de la plus grande manifestation sportive du monde, chez soi, en France. ”
L’après, Sylvain ne s’en formalise donc pas. Son alter ego basketteur Simon CLUZEAU non plus. À Paris, le (toujours) joueur de la Team Drags 3x3 n’aura certes pas la chance d’être dans le feu de l’action sportive, mais la mission qu’on lui a confiée le réjouit au-delà de bien des espérances. « Pendant toute la durée des JO, je serai gestionnaire de flotte pour la section transport, responsable de l’un des quatre dépôts de véhicules mis à disposition par le Cojop pour assurer les déplacements des représentants des comités, fédérations et autres délégations d’officiels. » Sur place, à l’hippodrome d’Auteuil, Simon et ses collègues auront la lourde mais essentielle charge de planifier les départs et arrivées, d’organiser et coordonner toutes les rotations des quelque 1 300 voitures réunies sur site. Le rendez-vous de la démesure. « On sent bien que l’adrénaline commence à monter, concède l’ancien PBiste de bientôt 27 ans, venu à la capitale pour rejoindre sa copine et finalement enrôlé pour les Jeux en septembre dernier. Le compte-à-rebours a débuté. J’ai hâte. Car toutes les répétitions du monde ne vaudront jamais l’instant présent. Les instants présents, ceux de la fin juillet et du début août. D’accord, je ne verrai pas d’épreuve en live. Mais quel pied de se sentir utile au bon déroulement de la plus grande manifestation sportive du monde, chez soi, en France. » Il est des fiertés qui vous marquent une vie. Celle-ci sera impérissable !...