
Numéro un français de la fabrication de toiles de criblage en acier et/ou polyuréthane pour l’industrie extractive et l’agroalimentaire, Giron Châtellerault entrera, au printemps prochain, dans le cercle très fermé des entreprises centenaires du département.
Aux murs de ses bureaux de la rue Louis-Blériot, l’histoire de la famille GIRON se raconte en photos sorties de l’oubli. Les premiers élans du fondateur, Henri, et toutes les grandes étapes du développement de l’entreprise s’y rejoignent dans la même ostentation contemplative. « Pour notre 100e anniversaire, nous éditerons un livre dans lequel figureront bon nombre de ces images », savoure Nicolas CHARRIÈRE.
Cet anniversaire-là, l’arrière-petit-fils d’Henri GIRON, aux commandes du navire depuis 2015, seul depuis 2022, n’entend pas le passer sous silence. Outre la diffusion de son ouvrage-hommage et l’exposition d’une sculpture monumentale évoquant les quatre générations à s’être succédé, réalisé par un artiste local à partir de fils d’acier, la maison a en effet prévu, peu avant la date commémorative du 30 juin 2024, de réunir sous son toit un maximum de celles et ceux qui ont apporté et apportent encore leur écot à l’oeuvre collective. « Nous aurons notamment la chance d’accueillir un ancien employé de 87 ans, qui a pris part, en 1962, au déménagement de l’usine de Colombes à Châtellerault », jubile Philippe, père de Nicolas, codirecteur, avec son beau-frère, Jean-Marc GIRON, pendant vingt-quatre ans à partir de 1991.
Pionnier dès 1933
Non, cet anniversaire-là, les héritiers des 3e et 4e générations -la 2e, représentée, par Robert, le fils d’Henri, a « régné » de 1963 à 1991- ne veulent pas le passer sous silence. Après tout, pourquoi le feraient-ils ? « Cette célébration, explique Nicolas, c’est simplement la mise à l’honneur du chemin parcouru par une petite boîte familiale, à l’origine spécialisée dans la fabrication de clôtures et grillages, qui a su décliner avec le temps un savoir-faire particulier, le polir, l’entretenir, jusqu’à en avoir la totale maîtrise. »
En devenant, dès 1933, le premier fabricant français de tamis de criblage en fil d’acier haute résistance, Giron a ainsi posé les jalons de sa conquête d’un marché ô combien spécifique, dont il n’est aujourd’hui rien de moins que le leader national : la fabrication de toiles de criblage en acier et/ou polyuréthane. Principaux clients ? L’agroalimentaire, un peu, les carrières, sablières (1500 environ) et autres représentants de l’industrie extractive, beaucoup. Chiffre d’affaires annuel ? 13,5M€. Part à l’export ? 20%, dont les quatre-cinquièmes vers les états voisins de la France. Présence à l’international : 36 pays, dont la Roumanie, où une filiale a été implantée, au début de années 2000, pour développer les ventes à l’Est. Effectifs salariés ? 95 personnes, dont une majorité d’ouvriers, recrutés davantage sur la confiance partagée et l’envie affichée qu’à la lecture du CV et le nombre de diplômes. « Cette chance donnée à tous s’inscrit dans notre ADN, illustre Nicolas CHARRIÈRE. C’est aussi pour cet engagement-là, social et sociétal, que Giron est reconnue « entreprise du patrimoine vivant » depuis plus de dix ans maintenant. »
“ Nous plaçons l’homme au coeur de tout projet. ”
Pour cela et pour bien d’autres raisons qui, en plus de la maîtrise et la transmission de ses secrets de fabrication, en font, comme aime se qualifier Nicolas CHARRIÈRE, un « artisan industriel » référent, reconnu et apprécié. « 100% de nos produits, confirme le patron, sont réalisés sur commande. Les pièces sont unitaires, façonnées selon les exigences du client et de fait personnalisées. Tout comme le sont nos services et notre conseil. »
Restées à l’identique depuis des lustres, les techniques de fabrication, y compris celle des fameuses toiles anti-colmatantes, dont les premiers brevets ont été déposés au tout début des années 50 et qui permettent à l’entreprise du nord-Vienne, aujourd’hui encore, de se démarquer de la concurrence, ne laisse aucune place à la robotisation. « Nous plaçons l’homme au coeur de tout projet », assène Nicolas. Qu’il ait un diplôme ou pas, cela va de soi !
Engagée durable
Par-delà l’entretien et la transmission d’un savoir-faire spécifique et des valeurs sociales et sociétales inscrites dans ses gènes, Giron est fortement engagée en faveur de la planète. « L’économie circulaire et la RSE sont des compagnes du quotidien », sourit Nicolas CHARRIÈRE.
En matière de performance globale, l’artisan industriel châtelleraudais mène ainsi de nombreuses actions vertueuses. A titre d’exemples, elle a installé des ruches à côté de ses bâtiments et projette de doter prochainement ces mêmes locaux de panneaux photovoltaïques. « Histoire de gérer notre propre consommation électrique », précise le dirigeant. Quant aux déchets, Giron n’est pas peu fière de les recycler à 80%. « Nous travaillons sur les 20% restants », promet encore Nicolas. Parmi ses autres projets, figure la réalisation, en collaboration avec la Région Nouvelle-Aquitaine et la Dreal, d’une cartographie des émissions de gaz à effet de serre produites par l’entreprise sur le territoire et la mise en oeuvre ultérieure de solutions propres à optimiser son bilan carbone.