
À moins de quatre mois du D-Day, les hôteliers de la Vienne semblent ne guère se faire d’illusions sur un éventuel sursaut d’activité dû auxJeux Olympiques. « Je crois même qu’on va être les grands perdants de ces JO », fatalise leur président, Hugues Baalouch.
Des échanges sur le sujet, il en a bien sûr eu, ces derniers mois. Avec ses confrères, beaucoup. Les collectivités, un peu. Fin mars encore avec Rodolphe Bouin, le patron du Futuroscope. Histoire de préparer le terrain à d’éventuels regains de vitalité au cœur de l’été. Mais au final, ce sont des perspectives bien peu alléchantes que dresse Hugues Baalouch sur l’activité générale du secteur hôtelier en cette année 2024. « Février et mars n’ont pas été formidables, avril ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Quant à l’été, c’est wait and see. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a peu de chances que l’effet JO opère. » Une raison à cela ? Le président de la branche « hôtellerie » de l’UMIH 86 (Union des Métiers de l’Industrie de l’Hôtellerie) en voit plusieurs. « Concernant les étrangers, rares sont ceux à avoir le réflexe du train. S’ils ont des billets pour des épreuves sur Paris, ils ont déjà réservé sur la capitale ou autour. Voire à distance raisonnable en voiture. Mais le TGV, ils n’y pensent pas. Dommage quand on sait que Poitiers est à 1h15. » Étrangers et Français peuvent en outre compter sur une offre pléthorique de locations meublées intra-muros. « Et contre ça, on ne peut se battre ! »
« Content pour Paris »
Pire encore, Hugues Baalouch pense qu’une bonne partie -20 à 30% tout de même-, de ses clients potentiels préfèreront, cette année, investir dans des billets et une ou deux nuits à l’hôtel à Paris plutôt que dans des séjours touristiques hors de la capitale. « On les récupèrera peut-être entre deux épreuves, ces clients. Ou à l’issue. Ou à l’occasion des Jeux Paralympiques. Il faut toujours y croire. » Y croire. Et se montrer fairplay, comme le veut la tradition olympique. « Même si les JO ne nous profitent pas directement, on ne peut qu’être content pour Paris. Cette ville est le phare de la France et on peut dire que depuis dix ans, rien ne lui a été épargné. Les attentats, les gilets jaunes, l’incendie de Notre-Dame, le Covid-19… l’activité touristique a souffert. La voir reprendre des couleurs ne peut que faire plaisir à toute une profession et à tout un pays. » Y compris à la Vienne sous le soleil abandonnée.