
Bien qu’aucune épreuve n’ait été programmée sur son sol, la Vienne proposera une mise en lumière aussi belle et fervente que possible des Jeux Olympiques et Paralympiques. C’est en tout cas la promesse de la Communauté Urbaine de Grand Poitiers et de Charles Reverchon-Billot, vice-président en charge de l’Evénementiel sportif et du Sport de haut niveau.
Quelle est l’implication de Grand Poitiers dans la valorisation et la promotion des Jeux ?
« Elle est d’abord d’ordre éducatif et sportif. À notre initiative, cent trente jeunes des communes de Grand Poitiers labellisées Terre de Jeux suivent, depuis le mois de février, un programme de (presque) champions, qui doit les amener à participer, en juillet, à des Olympiades, pour finir par un déplacement à Paris, lors des JO, pour des épreuves d’athlétisme. Au-delà, nous travaillons encore au contenu de la dernière étape du relais de la flamme, le 25 mai, sur 5 kilomètres à Poitiers avant de finir à l’Arena. C’est un événement majeur pour nous et il reste encore pas mal de détails à régler. Enfin, concernant les Jeux à proprement parler, nous avons toujours en tête d’accueillir au moins une délégation étrangère olympique et une paralympique et de les faire profiter de la qualité de nos installations. »
Et sur ce dossier, avez-vous déjà des certitudes ?
« Hélas non. Nous sommes en pourparlers, depuis plusieurs mois, avec la délégation paralympique camerounaise pour l’accueil d’une dizaine de compétiteurs(*). En tête de liste, les sports potentiellement représentés seraient le para taekwondo, la para haltérophilie et le para athlétisme. Mais à l’heure où je vous parle, rien, vraiment rien n’est défini. Même chose pour la compétition olympique. Poitiers étant un berceau du volley-ball national, notre choix s’est naturellement porté sur cette discipline pour l’accueil d’une sélection étrangère. Tours aura le Canada, la France aura son camp de base à Saint-Nazaire. Nous, nous aimerions accueillir l’Argentine, avec laquelle nous avons maintenu le contact tout au long de l’année écoulée. Nous avons également engagé des discussions avec la Turquie. Mais ni elle, ni l’Argentine n’ont à ce jour l’assurance d’être qualifiées. Elles ne le sauront que fin juin, à l’issue de la Ligue des Nations. »
“ Cinq jours de fan zone à Blossac sur la période olympique, cinq jours pendant les Jeux Paralympiques. ”
Selon vous, quel impact la venue d’une sélection comme l’Argentine pourrait-elle avoir sur le grand public ?
« En dehors du fait que l’Argentine compte parmi les meilleures nations du monde, j’en veux pour preuve sa troisième place à Tokyo, sa seule présence sur notre territoire serait générateur d’enthousiasme et de soutien populaire. À la condition, bien sûr, qu’elle accepte la proposition que nous lui avons faite de s’ouvrir un tant soit peu au public, à l’occasion d’entraînements ou, pourquoi pas, pour un match de préparation. C’est un deal tout à fait acceptable, nous semble-t-il. »
Peut-on espérer que, pendant la durée des Jeux, des événements populaires et festifs soient organisés ?
« Ce devrait être le cas. Proposition a effectivement été faite de créer, au cœur du parc de Blossac, une grande fan zone -ou « Club 2024 », comme les appelle le comité d’organisation- dans laquelle seraient retransmises les épreuves sur écran géant et proposées de multiples animations sportives et ludiques. A priori, nous partirions sur une présence de cinq jours sur la période olympique et de cinq jours pendant les Jeux Paralympiques. »
“ En matière de retombées économiques, il nous est donc impossible d’avoir une vision à long terme. ”
Quelles sont les attentes de la collectivité en matière de retombées économiques ?
« Si l’on peut supposer que l’activité des cafetiers va aller bon train le jour du passage de la flamme, il est extrêmement difficile de se projeter au-delà. Beaucoup de questions se posent en effet sur le profil des personnes qui, pendant la durée des épreuves, seront présentes, feront vivre le commerce, les restaurants, les hôtels... En période estivale surtout, pas mal de décisions peuvent se prendre à la dernière minute. Il nous est donc impossible d’avoir une vision à long terme. »
Ces Jeux de France, comment les sentez-vous ? Et comment sentez-vous, surtout, la mobilisation en local ?
« Pour être totalement sincère, je sens un engouement plein et entier. Les communes, le Département, le Creps, le Comité olympique et sportif, l’Université… tout le monde paraît à la fois concerné et enthousiaste. Le monde économique aussi l’est. Il y a plus d’un an, j’avais eu l’occasion, lors d’un échange à la CCI, de mesurer l’intérêt des entreprises du territoire pour cet événement planétaire. Certaines sont même devenues des mécènes des JO. Ces Jeux sont pour moi un véritable catalyseur d’énergies. Je ne peux pas penser une seule seconde que la Vienne ne vive pas des moments fabuleux cet été. » (*) Entre la réalisation de cette interview et l’impression de ce magazine, Grand Poitiers a signé un partenariat avec le Comité national paralympique camerounais pour l’accueil, du 12 au 27 août, d’une délégation de 20 à 35 personnes (dont une dizaine d’athlètes en préparation) et la mise à disposition du stade Rebeilleau ou encore du gymnase Marie-Emilie Le Fur.
(*) Entre la réalisation de cette interview et l’impression de ce magazine, Grand Poitiers a signé un partenariat avec le Comité national paralympique camerounais pour l’accueil, du 12 au 27 août, d’une délégation de 20 à 35 personnes (dont une dizaine d’athlètes en préparation) et la mise à disposition du stade Rebeilleau ou encore du gymnase Marie-Emilie Le Fur.
Le Département déclare sa flamme
Bien que délesté, depuis quelques années déjà, de la compétence économique, le Département n’attend rien moins que de pouvoir prendre part à la fête de l’olympisme sur ses terres. Ce sera le cas bien avant les trois coups des compétitions estivales. Sur la route des Jeux Olympiques et Paralympiques, la flamme fera en effet étape dans la Vienne, le 25 mai prochain. De Loudun, site de départ, dès 8h15 du matin, à l’Arena du Futuroscope, où sera symboliquement allumé, à partir de 19h30, un « chaudron », un convoi constitué de véhicules partenaires, de véhicules de sécurité, de porteurs et de gardiens de la flamme sillonneront le territoire, via six autres communes : Châtellerault, Poitiers, Montmorillon, Neuville-du-Poitou, Château-Larcher et Charroux. Au menu, une pluie d’animations culturelles, sportives et patrimoniales et des relais de flamme assurés par six porteurs. Trois femmes (Amandine Sicard, éducatrice sportive et sapeur-pompier du SDIS 86, Cathy Guillot, président du Stade poitevin basket-ball, et Jasmine Gavard, membre du Conseil départemental des Jeunes de la Vienne) et trois hommes (Earvin Ngapeth, champion olympique de volley-ball, formé au CEP/Saint-Benoît, Nicolas Vimont-Vicary, vice-champion paralympique et champion du monde de paravoile, et Rodolphe Bouin, président du directoire du Futuroscope. À noter qu’en tant que site d’accueil de la flamme, la Vienne bénéficiera de cent cinquante places gratuites pour assister à des épreuves olympiques. Cent trente au minimum seront allouées à des jeunes sélectionnés au sein des treize communes labellisées « Terre de Jeux ». Grandes émotions en perspective !