
Grenobloise de naissance, danseuse de formation, Audrey Joubert a progressivement troqué le bon air des Alpes, Paris, le monde et sa passion de jeunesse contre les rives du Clain, l’amour d’un coiffeur poitevin, l’éducation de leurs deux enfants et une carrière dans le commerce. Des regrets ! Quels regrets ?
Sa modestie dût-elle elle-même en souffrir, sa silhouette n’a pas pâti des assauts du temps. Comme au crépuscule des années 90, zénith de sa splendeur, diraient les biographes culturels de l’époque, Audrey JOUBERT porte fièrement ses 48 printemps. Pétillante est la p’tite dame, pleine d’entrain et pour le moins ouverte à la discussion. « De ma vie, il n’y a pas grand-chose à dire », avait-elle pourtant lâché en préambule. Mais si, il y a à dire. Et elle le dit.
Rapidement pour évoquer ses années iséroises, ce bac A1 sports études passé à Voiron, beaucoup plus posément pour prononcer les deux mots de cette passion très vite accaparante. « Le modern jazz a façonné ma jeunesse et m’a donné des ailes pour ma vie d’adulte », reconnaît-elle sans hésiter.
C’est à l’ombre de la Tour Eiffel que l’envol aura lieu. Son diplôme d’Etat de prof de danse obtenu, Audrey voit son quotidien osciller entre performances sur scène et devoir de transmission. En 1998, une opportunité se transforme en l’occasion d’une vie. Modèle sur une tournée pour L’Oréal, la jeune femme de 22 ans à peine, croise la route de Jérôme JOUBERT, coiffeur de son état. Dix-huit villes au total, des centaines de kilomètres à avaler, du temps, beaucoup de temps à partager… Le rapprochement est inéluctable. Les nouveaux tourtereaux ne le savent pas encore, mais ils viennent implicitement de se dire oui pour la vie.
Les Châtelleraudais sont des gens charmants, accueillants, je dirais même chaleureux.
A la tête d’une flottille de huit personnes et d’un paquebot de soixante couverts en intérieur, soixante en extérieur le beau temps (re)venu et d’une belle salle de séminaire propice à l’accueil d’événements en tous genres, Thomas maintient le cap d’une détermination sans faille. Esquissant les projets comme d’autres enfilent les perles. Le pari de l’entrepreneuriat, il l’a relevé en même temps que celui de la restauration. Le grand saut date de 2014. « Après des années à effectuer les allers-retours entre la région parisienne, où je bossais dans la finance, et Tours, où je m’étais installé, en 2006, pour gagner en qualité de vie, j’ai opéré ma révolution, en reprenant un restaurant dans le centre-ville. J’ai tenu quatre ans. » Quatre ans au cours desquels il a appris à composer avec le caractère caustique des Ligériens. « De manière générale, ils ne sont pas faciles à vivre, ironise-t-il. Quel contraste, en tout cas, avec les Châtelleraudais, qui sont des gens charmants, accueillants, je dirais même chaleureux. » A leur contact, la petite entreprise de Thomas PITARD se repaît de bons conseils et d’encouragements. Lui-même se sent tellement bien dans la Vienne qu’il y a même ouvert une autre enseigne, il y a deux ans. Direction, cette fois-ci, Chauvigny, où Le Venezia fait le bonheur des amateurs de pizzas et de cuisine italienne. « Franchement, on est bien ici », lâche-t-il dans un dernier sourire. Suffisamment pour y signer un bail longue durée ? Une autre histoire !