
Établissement public de formation dans les domaines du sport, de la jeunesse et de l’éducation populaire, le CREPS de Poitiers a été retenu par « Paris 2024 » comme centre d’accueil et de préparation aux Jeux. Un rôle majeur qui confirme son statut de place forte nationale de l’accompagnement du haut niveau.
Que n’a-t-on déjà dit et écrit sur les pépites polies, depuis des lustres, entre ses murs, dans son dojo, sur ses courts de tennis ? Sur les Marie-Claire Restoux, Jo-Wilfried Tsonga et autres joyaux du sport français, tous devenus médaillés olympiques après avoir fréquenté la chaleur de ses couveuses ? De l’eau a coulé sous les ponts depuis ces mises sur orbite offertes à la postérité. L’ancien CREPS de Boivre devenu CREPS de Poitiers, lui, continue de former, d’éduquer, de choyer. Plus déterminé que jamais à accompagner le haut niveau et à honorer la confiance accordée par le comité d’organisation des Jeux de le désigner centre de préparation. « Si, en termes d’accueil et d’accompagnement, cette mission ne fait que prolonger le travail mené à longueur d’année par nos quatre-vingt-dix agents, elle est une formidable reconnaissance de leur savoir-faire et de leur professionnalisme », se félicite Bénédicte Normand, sa directrice.
Au rendez-vous du 3x3
Bien qu’habitué à servir régulièrement les desseins d’athlètes de haut niveau, comme le sprinteur Jeff Erius, récemment à pied d’œuvre pour tenter d’accrocher les minima pour les Jeux, ou encore les para pongistes Léa Ferney et Lucas Créange, fidèles parmi les fidèles, le CREPS savoure sa chance d’avoir accueilli, ces derniers mois, quelques autres jolis fleurons du sport national. Ce fut notamment le cas des athlètes du relais féminin du 4x100m, de la sélection tricolore de tennis de table adapté ou encore des filles de La Plagne Aura, qui constituent l’ossature de l’équipe de France de basket 3x3, candidate désignée au titre cette année. Et l’international ? Là encore le CREPS a été « servi », avec la visite durable, camp d’été 2023 en prime, d’une autre sélection de « 3x3 » féminine, celle de Chine. La reverra-t-on en juillet et août prochain ? « Nous n’avons pas eu de demande en ce sens, regrette Bénédicte Normand. Nul doute qu’elles vont intégrer, directement et au dernier moment, le village olympique. » À ce jour, aucune délégation n’a d’ailleurs fait part de son intention d’établir ses quartiers en terres poitevines. « Mais nombre d’équipes, dans nombre de disciplines, n’ont pas encore leur billet pour les Jeux, on peut donc espérer de bonnes surprises à l’amorce de l’été. En tout cas, nos partenaires et nous sommes ouverts à tout. »
Accompagnement hors les murs et recherche
Dans l’attente de cette ou de ces fameuse(s) « bonne(s) surprise(s) », le CREPS poursuit son œuvre sur le terrain. Y compris sur celui de l’innovation et de la prospection. « À l’approche des Jeux, explique la directrice, la création de l’Agence nationale du Sport a totalement rebattu les cartes de l’accompagnement du haut niveau. De nouveaux moyens, matériels et financiers, ont été alloués, qui nous ont permis, au CREPS de Bordeaux et à nous-mêmes, de déployer des stratégies d’action communes à l’échelle de la région. » Comme, par exemple, la détection et le recrutement d’experts capables d’assurer localement, en dehors des deux centres, la préparation de sportifs aux Jeux. Ce fut et c’est encore le cas de tireurs, d’un para nageur, de pongistes en sport adapté et même de spécialistes de la voile, au large de La Rochelle. « Localement, poursuit la directrice, ces nouveaux moyens nous ont aussi aidés à développer l’activité de notre centre de recherche spécialisé dans l’analyse du mouvement. » Cette science placée au service de la haute performance a notamment été d’un grand renfort pour la R&D d’un nouveau pédalier destiné à équiper la sélection française de BMX. Enfin, parce qu’il vit pleinement son aventure olympique, le CREPS de Poitiers a fait le choix de se doter du même revêtement de terrain de 3x3 que celui installé fin juillet à la Concorde et des starting-blocks des épreuves d’athlétisme. Dans sa ligne de mire, désormais, des tables de « ping-pong» identiques à celles utilisées pendant les Jeux Paralympiques. Affaire à suivre…
Animateur de territoire
En complément de la formation et de l’accompagnement du haut niveau, le CREPS est investi dans des missions d’éducation populaire et d’animation du territoire. En cette année olympique et paralympique, le centre a participé, participe et participera à plusieurs opérations dédiées de promotion et de valorisation du sport. C’est ainsi qu’il a accueilli, en septembre, sur son site de Vouneuil, une journée « J-300 », au cours de laquelle ont été présentées de nombreuses disciplines au grand public. En amont du relais de la flamme du 25 mai, de la journée olympique du 23 juin, pour laquelle il se joindra à l’organisation d’une animation locale, et des épreuves elles-mêmes, il a également organisé, le 17 avril, une soirée à destination des partenaires sociaux et économiques de la Vienne, dans le but de tisser du lien, encore et toujours. « Les Jeux, souligne Bénédicte Normand, ont impulsé des envies, des promesses d’échanges et même, avec les mondes de l’éducation et de l’entreprise, des partenariats dont nous espérons qu’ils vivront bien au-delà de cette échéance estivale. » Dont acte.