
Si elle jouit d’un grand prestige auprès de la population et suscite l’adhésion notoire des jeunes, l’industrie aéronautique et spatiale apporte aussi et surtout une contribution essentielle à la souveraineté du pays. La Vienne elle-même sert l’exemple d’un écosystème dynamique et émulateur.
Elles sont tout à la fois couvées de leur attention par l’Armée et l’Etat, courtisées par les compagnies aériennes ou les opérateurs satellitaires, plébiscitées par les acteurs économiques de leur propre territoire d’accueil… et œuvrent pourtant bien souvent dans l’anonymat le plus complet. A l’abri des regards, comme tout chercheur qui se respecte, Géo Trouvetou de l’impossible. Est-ce ce travail de l’ombre qui profite à l’ASD (lisez : industrie de l’aéronautique, du spatial et de la défense) ? Est-ce cette quête d’excellence qui fait sa grandeur et séduit le bon peuple ? La relève au premier chef qui, dit-on, lui voue un intérêt grandissant ? « La richesse des métiers qu’elle propose est le premier de ses atouts », résume un industriel châtelleraudais. Le reste n’est que reflet d’une réalité : l’ASD est l’une des rares industries à voir ses effectifs se renforcer et ses missions se diversifier. Le plus souvent sous l’impulsion de l’Etat lui-même et d’une commande publique qui ne se dément pas. « Le secteur aéronautique, notamment, fait face à une montée en puissance simultanée, inédite et significative du civil et du militaire, analyse Stéphane DAUDON, délégué général du MEDEF 86. Le secteur est ainsi à un tournant de son histoire. Les industriels du secteur manœuvrent le plus souvent sur des cycles produits particulièrement longs, avec des spécificités marquées et porteuses de vraies valeurs ajoutées. »
L’aéronautique civile en pointe
L’ASD est effectivement à un tournant de son histoire, car plus que jamais garant de l’indépendance et de la souveraineté de la Nation. Cette Nation le sait qui, partout où elle le peut, apporte son soutien à la filière. Comme en septembre dernier lorsque le groupe Thalès fit l’annonce d’une aide de quelque 8 millions d’euros accordée par l’Etat pour accompagner le projet de système de navigation ultracompact silicium porté par les équipes du site de la Brelandière à Châtellerault et, plus largement, le développement de l’avion bas carbone. « La feuille de route décarbonation remise au gouvernement par la filière en février 2023 semble respectée à la lettre », confie notre industriel du nord-Vienne. La « course à l’échalote » entamée depuis quelques mois estelle à l’origine de la frénésie à l’embauche constatée sur le terrain ? Probablement. Selon le très sérieux GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales), la précitée aéronautique civile aurait, à elle seule, connu une augmentation de chiffre d’affaires de 15,9% en France en 2023 et une croissance d’effectifs historique de 7%, avec quelque 28 000 postes créés en douze mois. Les spécialistes en prévoient entre 25 et 30 000 pour 2024. Qui dit mieux ?