Annie BONDU, engagée volontaire

Annie BONDU, engagée volontaire

Aux côtés de son époux Michel, Annie BONDU a consacré plus de quarante ans à la cause entrepreneuriale et presque autant à l’accompagnement de ses pairs au sein du Medef Vienne. Retraitée depuis 2017, l’ancienne prof de français et d’allemand perpétue la flamme de l’engagement bénévole comme déléguée départementale de Cédants & Repreneurs d’Affaires.

À mesure que les souvenirs s’entremêlent, s’affirme l’évidence d’une passion demeurée intacte. Pour le travail. Pour l’esprit d’entreprendre. Pour toutes ces femmes et tous ces hommes qui, sueur au front et liberté d’oser au cœur, font de l’action le moteur de leur existence.

Annie BONDU a été de celles-ci, son époux Michel de ceux-là. Patrons bâtisseurs. Visionnaires. Prospectifs. « Dans les métiers de services, le seul moyen de se différencier de la concurrence, c’est de sans cesse innover », rappelle celle qui, pendant quarante ans et quatre mois, a œuvré de concert avec le père de ses trois enfants à la tête d’Azur Net Poitou. « Ah ça, on peut dire que ce fut la grande histoire de notre vie », sourit Annie, nostalgie et fierté à fleur de peau. Une histoire d’autant plus belle qu’elle est née dans les sillons du hasard et d’une rencontre improbable.

Professeure dirigeante

Originaires l’un et l’autre d’Enghien-les-Bains, dans le Val d’Oise, Michel et elle s’étaient rencontrés dans un club de parachutisme, en 1974. Lui débutait une carrière d’artisan. « A l’époque, il nettoyait des vitres et ponçait des parquets, précise Madame. Un jour, il a (re)croisé la route d’un certain Jacques Marshall, dirigeant-fondateur d’Azur Net, un groupe de nettoyage parisien au sein duquel il avait travaillé quelque temps auparavant, qui possédait trois structures délocalisées à Lannion, Dijon et Poitiers. »

Visiblement séduit par le profil de Michel et son envie de voler sous d’autres cieux, il lui a rapidement proposé de développer l’unité poitevine. « Mon mari étant né à Niort, ce retour aux sources nous allait bien. C’est comme ça que nous sommes arrivés à la tête de cette petite structure de huit personnes, le 7 février 1977. »

Sur les bords du Clain, Annie, titulaire d’une double licence de lettres modernes et d’allemand, s’est immédiatement partagée entre l’enseignement, au collège de La Providence, et l’expérience, tout aussi inédite, des visites de chantiers. « Même si j’étais plus structurée, mieux organisée que Michel, j’avais aussi moins d’aptitudes pour la négociation, le commerce, le relationnel. Aussi me suis-je vite consacrée à l’administratif et à la cogérance. Pour finalement abandonner le professorat au bout de quelques mois. »

La suite ? « La suite, ce fut la création de Poitou Contrôle, en 1983, avec l’aide du gendre de Monsieur Marshall. C’est, je pense, là encore durant cette même période que nous avons adhéré au MEDEF. Nous y sommes restés jusqu’à la vente de notre groupe en 2017. »

« Le combat continue »

Sans date, mais avec des références marquantes, Annie fait l’exégèse. « Au Medef, où j’ai fréquenté trois présidents et quatre délégués généraux, j’ai appris le pouvoir de l’engagement au service de mes pairs. Influencer, partager, s’engager, c’était la devise en ce temps-là. Parce que le Mouvement était lui-même force de proposition, j’ai eu la chance de porter la voix des services, de traiter d’égal à égal avec les autres branches professionnelles . Cette liberté-là était inestimable. » Si grande qu’elle lui a offert la possibilité de mener de front un autre engagement associatif fort, au Centre des Jeunes Dirigeants, sans que ses missions et ses combats ne s’entrechoquent. Enfin le moins possible !...  

« Au CJD, dont j’ai assuré la présidence régionale, nous surfions sur une dynamique d’innovation, de projection, nous y avons parlé organisation du travail, performance globale et donc de RSE, avant tout le monde. Mon plus grand souvenir ? La contribution, essentielle, apportée à la définition de l’accord cadre sur l’annualisation du temps de travail, signé avec la CFDT. C’était un autre souffle de liberté ! »

En 2017, après plus de quarante ans de bons et loyaux services, Annie et Michel BONDU ont passé la main. La retraite ? « Lui y était préparé, moi pas », assume Annie. S’est alors imposée l’idée de prolonger l’idylle. Autrement. En plaçant, comme déléguée départementale de Cédants & Repreneurs d’Affaires, son expertise de désormais ex-dirigeante au service de la transmission entrepreneuriale. A 71 printemps, deux ans après la disparition de son époux et malgré les encouragements de ses enfants à mettre la « pédale douce », l’ancienne prof de français et d’allemand porte encore haut l’étendard de la persévérance. « Je n’ai pas encore rendu aux entreprises tout ce que l’entreprise m’a donné », résume-t-elle. Pour l’engagée volontaire, le combat continue.

Azur Net Poitou, l’aventure d’une vie

Annie et Michel BONDU ont fondé, en 1996, la holding AMB, au sein de laquelle ont été réunies les sociétés de nettoyage Azur Net Poitou, définitivement rachetée au groupe Azur Net en 2007, et Charente Services Propreté, créée en 1991 en terres angoumoisines. Les ont rejointes les entreprises de sécurité Poitou Contrôle (1983) et TGS, Charente et Charente-Maritime, la première fondée au début des années 90, la seconde acquise en 1999. Au plus fort de son activité, le groupe a compté jusqu’à 450 employés.

Adepte de l’innovation, le couple BONDU n’a jamais cessé d’ériger la formation continue et la qualification de ses collaborateurs en modèles de professionnalisation et de fidélisation. Autre source d’émulation collective, la participation régulière d’Azur Net Poitou aux championnats du monde des laveurs de vitres, où ses équipes ont décroché pas moins de dix-huit titres, dont treize par le seul Franck Lauret. « Une fierté impérissable » pour Annie BONDU.

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